Jelly meets the crazy dude

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Des effluves sucrées flottaient entre les échoppes colorées. La silouhette métalique de la grande roue décorait le ciel nocturne.

Cette année encore, la fête foraine remportait un franc succès et la place était bondée. En effet, il ne se passait guère de choses dans le petit village isolé. C'était d'ailleurs la principale raison de la popularité de l'événement auprès des plus jeunes commes des plus vieux. Les rires badins des enfants se répandait dans la foule, portés par l'ambiance festive. Les lumières dansaient sur les visages ravis, tant et si bien qu'ils semblaient briller. Les guirlandes et les toits des halles se déployaient en toutes les couleurs tel un arc-en-ciel, tranchant sur le ciel outremer. Des manèges de tout genre éclosaient partout, au plus grand bonheur des bambins.

Une petite fille vêtue d'une jolie robe jaune gambadait entre les stands, ne jetant qu'un bref regard à celui des boissons. Ses yeux innocents explorèrent joyeusement l'esplanade avant qu'elle ne jette son dévolu sur celui exposant des peluches. Ses yeux pétillèrent à la vue d'un chat excentrique et ses parents ne purent résister à son air implorant. Le père sortit son portefeuille, esquissant un sourire attendri. La petite serra le jouet en riant aux éclats. Elle était mignonne à croquer, toute candide qu'elle était.

Hum... Elle est bien trop jeune, pensa l'homme dans un éclair de lucidité.

Alors qu'il prenait l'argent du père, il continua d'observer la fillette. Elle était rayonnante, jouant avec son adorable peluche qu'elle regardait comme si c'était là la plus belle chose qu'elle n'ait jamais vue. Comme enchantée, la petite caressait sa tête ornée d'une éternelle expression espiègle et comtemplait son corps touffu. Attendri par la scène, l'homme sourit à la douce enfant.

C'était, selon lui, la plus merveilleuse partie de son travail. Les sourires conquis des enfants devant le fruit de son labeur. Cela réjouissait Owen. Non seulement de ravir ainsi leur cœur, mais aussi de poursuivre l'oeuvre de son père. En effet, l'entreprise de jouets se transmettait dans la famille depuis de nombreuses générations. Depuis des années, les enfants se bousculaient pour leurs peluches. Ce n'était pas étonnant, car elles étaient différentes, pas comme ces objets vulgaires produits à la chaine, en usine. Les créations d'Owen étaient faits avec amour, reprenant le savoir-faire d'une longue tradition de concepteurs de jouets. Franchement, ils étaient spéciaux, ils contenaient une part de lui.

Jusqu'alors perdu dans ses pensées, Owen fut ramené à lui par le claquement des semelles sur le pavé d'une paire de baskets jaunes. Celui-ci venait d'une demoiselle qui s'élançait joyeusement vers son échoppe. L'artisan détailla son accoutrement alors qu'elle ne le remarquait pas; mom jeans en vogue et une énorme veste assortie, elle ressemblait à n'importe quelle jeune fille « fashion » qu'il n'ait jamais vu. Pourtant ses yeux pairs brillaient alors qu'elle contemplait les peluches et ses longues boucles brunes flottaient dans son dos au rythme des ses foulées. Pourtant, elle lui sourit d'un air candide avant de replacer ses lunettes transparentes sur son nez. Pourtant, elle sautillait sur place comme une enfant à la vue de son art.

Elle... Elle est parfaite...se dit-il, estomaqué.

- Elles sont adorables, s'exclama l'innocente jeune fille.

- Je vous remercie, fit-il en sondant les yeux de l'inconnue de ses orbes émeraudes.

- Elle sont faites à la main ? s'enquit-elle avec admiration en caressant distraitement une bizarre chenille bleue.

- Oui, c'est une entreprise familiale, sourit Owen, mélancolique.

Une peluche de lapin blanc vêtu d'un veston noir et rouge capta le regard de la demoiselle. L'albinos à longues oreilles tenait une minuscule montre à gousset dorée dans sa patte gantée. C'était un jouet adorable, un seul regard sur lui suffisait pour comprendre l'incroyable travail qu'avait dû être sa production.

La jeune femme sourit à nouveau avant de pêcher un portefeuille orné de chatons touffus dans les profondeurs de sa veste, bien trop grande pour elle.

- Je me suis perdue et je ne retrouve plus mes amis, soupira la brunette. Auriez-vous vu un groupe de jeunes par hasard ? D'ailleurs, combien coûte cet adorable lapin ?

Je la tiens, jubila Owen.

- Je vous l'offre. Et je les ai vus, je crois, suivez-moi, sourit-il d'un air avenant.

- Vraiment ? C'est beaucoup trop, voyons, s'exclama-t-elle, couvrant ses lèvres roses de sa petite main.

- Cela me fait plaisir, si vous saviez à quand remonte la dernière fois que quelques s'est intéressée à mon entreprise... Allez, venez, fit-il en lui tendant le lapin.

Cette enfant dans l'âme sourit naïvement avant de suivre un parfait inconnu, oubliant toute méfiance. La peluche à la main, elle slaloma entre les gens et les halles, suivant innocement l'homme.

Franchement, Jelly n'avait jamais vraiment eu de chance. Mais ça, c'était le comble.

Jelly VS OwenOù les histoires vivent. Découvrez maintenant