CHAPITRE 17

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AÏCHA NDIAYE

Je suis revenue pour reprendre ma place, ma vie, mon foyer, mon mari. Ce ne sera pas chose facile car j'ai bien vu que cette femme avait vraiment pris ses marques autant dans ma maison que chez mon mari.

Mais il faut impérativement que je retrouve ma chambre. Je ne compte pas le moindre du monde rester dans cette pièce exiguë. Ce sera la première étape après je vais m'occuper de cette garce. Je ne compte absolument pas habiter avec elle dans cette maison.

Je suis couchée et attends Abdou.

-que se passe t-il ? Pourquoi dorment-ils là ? Me demande t-il à peine le pieds posé dans la chambre et en voyant les enfants dormir sur le lit à côté de moi.

-je ne me retrouve plus ici. Ma chambre n'est plus ma chambre. Il y a une autre qui occupe ma maison et tu la laisses tout faire. Tu m'avais dit que j'allais être là dans cette chambre jusqu'à aujourd'hui. Je pensais qu'on allait régler le problème.

-Quel problème Aïcha ? Me répond t-il en se déshabillant.

-Je te l'ai dis, enchaina t-il, si elle ne te convient pas, déménage dans une autre. La chambre d'Amadou est toujours là où elle est et rien n'y a changé, donc il peut y dormir dés maintenant car Mossane l'a préparé. La plupart du temps quand il passait ses week-end ici il dormait là bas. Pour le berceau de la petite c'est toi-même qui l'avait amené avec toi. Dés demain je lui en achèterai un autre. Quant à la chambre à la quelle tu fais allusion Aïcha, je t'avais dit que si tu ne revenais pas j'allais amener Mossane ici et visiblement ça t'importait peu ou bien tu ne me prenais pas au sérieux ? Donc je pense que là-dessus, tu n'as rien à dire.

-maintenant, je suis là. Je veux retrouver ma chambre et ma place.

-pour la chambre Aïcha, je suis désolé mais je n'y ferai pas sortir Mossane. Tu peux choisir celle que tu veux, y'en a plein dans cette maison. Quant à « TA » place, je ne sais pas à quoi tu fais référence mais si tu penses avoir perdu TA place comme tu le dis, c'est à toi-même de faire en sorte de la retrouver. Et ce n'est pas une chose qu'on crie sur les toits.

-Abdou, cette chambre est la chambre principale, la plus spacieuse de la maison. Normalement elle me revient de droit, je suis la première. Toutes les autres chambres sont bien trop petites et je n'aime pas leurs salles de bain. Je refuse de rester dans celle là ni même une autre. Je veux ma chambre. La chambre d'Amadou y a une porte contiguë pour au cas où il se réveillerait la nuit. Et puis, tu m'avais dit qu'elle et moi n'habiterons pas dans la même maison, donc maintenant que je suis là...

-maintenant que tu es là quoi Aïcha ? M'interrompit-il. Ecoute moi très bien, je ne te le répéterai pas : Mossane ne va pas sortir de cette chambre. Je t'avais prévenu. Tu es partie de ton propre chef et tu es revenue de la même manière alors je pense que tu n'as aucun droit à réclamer surtout pas concernant des pièces. Essaie de t'adapter le plus rapidement à cette situation car je ne vais pas en reparler. Si tu veux, on peut faire des travaux pour la salle de bain et la chambre que tu voudras. Changé de meubles si tu veux mais oublie cette idée de retrouver cette chambre. Il se fait tard et demain, je dois aller travailler alors stp dormons, déjà que le lit est assez étroit comme ça, si je dois y ajouter autre chose ça ne va pas le faire, me dit-il en éteignant la lampe de chevet.

-c'est ce qu'on verra Abdou. Ça ne va pas se passer comme ça.

Et là monsieur s'est levé comme si quelque chose l'avait piqué sur le lit et a porté son pantalon et s'est dirigé vers la porte.

-où est ce que tu comptes aller comme ça Abdourahmane, lui dis-je en me levant aussi. N'essaie même pas.

Il se retourne et vient jusqu'à ma hauteur. Je recule parce qu'il me faisait peur avec son visage rouge de colère et surtout je n'avais pas envie de recevoir une autre gifle comme la dernière fois à l'hôpital.

LES TURPITUDES D'UN MARIAGE POLYGAMEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant