Sanji observait le sérum de vérité trembler dans la seringue tenue par Fullbody. Peut-être que s’il courrait aussi rapidement qu’il en était capable, il pourrait se réfugier dans un couloir avant que Magellan n’ait le temps de réagir. Il jeta un regard vers la porte, avalant difficilement quand il vit plusieurs Marines la refermer.
Il ne serait pas capable de se frayer un chemin à travers les Marines et d’ouvrir la porte avant que Magellan ne le rattrape. Magellan était fort ; il n’arriverait jamais à s’en sortir. Merde. C’était la fin.
« Sanji était le gardien en charge de la torture de Roronoa avant sa disparition, commença Magellan pendant que Sanji continuait à avancer, le bruit de ses pas résonnait dans ses oreilles pendant qu’il s’approchait du bureau comme un condamné vers une guillotine.
Fullbody ne se contentait pas de sourire : il se moquait ! Le sang de Sanji bouillonnait de fureur quand il prit sa place devant le bureau de Magellan. S’il allait mourir dans tous les cas, il pourrait au moins emporter Fullbody avec lui.
Il espérait juste que Zoro ait la force d’attendre l’arrivée de Luffy pour partir. Le connaissant, il serait capable de débarquer dans le bureau de Magellan pour essayer de le sauver, tout ça pour mourir avec lui. Les mains de Sanji tremblaient légèrement, pendant que Fullbody lui envoyait un sourire narquois.
–Quelle coïncidence, commença le capitaine, le ton plein de condescendance. Que tu sois le responsable.
Magellan grogna avant le frapper son bureau d’une main.
–Silence, souffla l’homme-démon, foudroyant Fullbody du regard. Sanji a un alibi et n’a aucun mobile ; nous en avons déjà eu la confirmation.
Fullbody rit discrètement, plaçant une main sur sa taille pendant que son sourire se changeait en grimace.
–Il a déjà aidé des pirates ; c’est une raison largement suffisante. C’est un de leurs alliés.
–Assez. Le ton de Magellan était aussi mortel que son souffle. Je ne vais pas vous laisser porter des accusations aussi infondées. Même s’il a aidé des pirates par le passé, ça ne vous donne pas le droit d’ignorer le manque de preuves.
Le cœur de Sanji tambourinait dans sa poitrine. Magellan était de son côté. Il pourrait peut-être s’en sortir. Il se sentait presque mal pour le directeur, qui le défendait avec conviction. Mais encore une fois, c’est le monde qui était en tort, pas Magellan.
–Nous aurons toutes les preuves dont nous avons besoin quand j’aurais fini. Fullbody plaça la seringue sur la table, et appela un docteur d’un claquement de doigt condescendent. Sanji grimaça et refusa de donner sa main, l’esprit brouillé par la peur et la colère.
–Pourquoi es-tu si inquiet ?, fredonnait presque Fullbody quand il remarqua l’expression de Sanji. Tu as quelque chose à cacher ?
Il y eut un long silence pendant que Sanji essayait de tuer le capitaine par télépathie, avant que son esprit affûté ne réagisse.
–Non, déclara Sanji, soupirant d’ennui en fixant la seringue. La dernière fois que je me suis fait piquer, j’ai été malade pendant des heures. Sanji ajoute une grimace maladroite à son mensonge, passant pour un homme plus réticent que terrifié.
Le silence qui suivit était presque étouffant. Les marines autour d’eux échangeaient des petits rires en voyant l’expression choquée de Fullbody.
Sanji s’accorda une seconde de répit, avant qu’Hannyabal ne prenne la parole de sa voix nasillarde.
–Il a raison, déclara le vice-directeur. Le sérum de vérité peut provoquer des nausées, des maux de têtes, et même parfois des violentes migraines. C’est pour ça que c’est généralement réservé aux criminels.
Fullbody toisait Sanji du regard, faisant un mouvement de main pour faire taire les rires de ses troupes. Il avait l’air furieux, respirant entre ses dents serrées.
–Espérons juste que ça n’arrive pas une seconde fois.
Sanji n’offrit pas son bras. Il refusa de bouger quand le docteur releva la manche de Sanji. Il lança un regard furieux à Fullbody en résistant à l’envie de le frapper.
L’aiguille perça sa peau, et le sérum courrait dans les veines de Sanji. Plus le sourire de Fullbody s’agrandissait, plus la haine de Sanji empirait. Il haïssait cet homme ; comment osait-il ruiner tout ce pourquoi il avait œuvré ? Tout ce pourquoi il avait risqué sa vie ?
Sanji sentit la fraîcheur du sérum envahir son bras et son torse. Il serrait les poings de colère. Impossible que ce bâtard de Marine, qui était devenu capitaine grâce à sa chance et au travail des autres, ne lui prenne Zoro. La furie de Sanji rendait sa peau brûlante ; il n’allait pas laisser Fullbody gagner la partie.
–Donc, Sanji, commença Fullbody fièrement quand le docteur recula. Où se cache Roronoa.
Magellan les regardait attentivement, les yeux rivés sur l’expression tendue de Sanji.
–Je n’en ai pas la moindre idée. Les yeux de Sanji s’écarquillèrent légèrement quand il remarqua qu’un mensonge venait de quitter ses lèvres. Il sentait la chaleur de sa colère et l’adrénaline envahir sa poitrine, luttant contre l’emprise froide du sérum de vérité.
Sanji sentit l’excitation le gagner quand il réalisa qu’il pouvait mentir. Apparemment, Zoro était parvenu à lutter contre le sérum de vérité pendant son séjour à l’infirmerie. Peut-être que la colère et l’adrénaline l’immunisaient contre le produit. Sanji sentit sa détermination revenir.
–Et bien, où est-ce que TU caches Roronoa ?, reformula Fullbody, visiblement fier de lui.
–Je ne le cache nul part. Il a disparu, mentit Sanji à nouveau, pendant que le froid gagnant sa gorge menaçait de lui faire dire la vérité, mais la haine qu’il éprouvait envers l’homme en face de lui le repoussait.
–Il ment !, déclara Fullbody, se levant brutalement pour pointer Sanji du doigt. Magellan, Hanyabal, et le docteur regardaient tous Fullbody, perplexes.
–Il est sous l’emprise du sérum de vérité, capitaine, fit remarquer Magellan, observant l’expression courroucée de Fullbody, légèrement amusé. Et vous n’avez pas la moindre preuve. Je n’en ai trouvé aucune malgré mes efforts.
Sanji regardait Fullbody enrager. Quand sa colère s’amenuisa, il sentit la fraîcheur du sérum gagner sa colonne vertébrale. Il avait eu de la chance. Il allait être capable de faire taire ce bâtard.
Magellan se leva de sa chaise, lançant un regard vers la salle de bain de son bureau. Je vous suggère de commencer une véritable enquête sous peu, capitaine. Le directeur était intimidant, et Fullbody fit un pas en arrière. La peau de Sanji tremblait presque de satisfaction en voyant l’homme qui avait causé tous ces problèmes être remis à sa place.
Après quelques instants victorieux, Fullbody lança un regard furieux à Sanji.
–Je n’en ai pas fini avec toi : tu es le premier de mes suspects, déclara le Marine, hautain, avant de claquer des doigts pour appeler deux soldats. Placez-le sous surveillance. Je le veux suivi vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Sanji grimaça intérieurement ; il n’en pouvait plus d’être observé. Il ne pouvait pas verbaliser son refus : ça ne ferait que renforcer les soupçons de Fullbody. Il restait immobile, attendant d’être libéré, envoyant des regards ennuyés aux Marine gênés qui avaient pris place à ses côtés.
Fullbody sourit et quitta la pièce fièrement, comme si son opération avait été une réussite, en faisant signe à ses troupes de le suivre. Les deux qui avaient été assigné à la surveillance de Sanji restaient, échangeant des regards exaspérés. Sanji secoua la tête lentement, la fraîcheur du sérum faisant vriller ses tympans.
–Est-ce que je peux retourner aux cuisines ? Sanji se tourna vers Magellan, qui fixait avec colère le dos de Fullbody. Après un petit silence gênant, Sanji s’éclaircit la gorge, essayant de regagner l’attention de Magellan. Directeur, suis-je libéré ? Il y a beaucoup de nettoyage à faire.
Les yeux sévères de Magellan se redirigèrent vers Sanji, lui regardant avec suspicion quelques instants avant de secouer la tête.
–Tu es libéré. Tu seras sous surveillance aussi longtemps que le capitaine l’estimera nécessaire. L’homme-démon se tourna vers la salle de bain, une main sur l’estomac.
Hannyabal accompagna Sanji et ses nouveaux gardes hors du bureau, fermant la lourde porte derrière eux. Sanji chercha une cigarette, espérant faire disparaître les restes du sérum avec un peu de nicotine. Ses mains tremblaient légèrement, et malgré ses efforts, il ne pouvait pas les immobiliser.
–Est-ce que tu te sens malade cette fois aussi ?, demanda Hannyabal en prenant place derrière Sanji.
Le concerné grimaça légèrement, allumant sa cigarette avant de ranger son briquet.
–Pas autant que la dernière fois, vice directeur. Sanji hocha la tête en direction d’Hannyabal, qui souffla quelque chose en retour. Je dois m’y habituer. Sanji salua rapidement, se redirigeant vers les cuisines, avec deux marines sur ses talons.
Contrairement au personnel d’Impel Down, les marines ne respectaient ni son intimité, ni son espace personnel. Au lieu d’attendre hors de la cuisine, ils le suivaient à l’intérieur, se plaçant de chaque côté de la porte pour observer le moindre de ses mouvements.
Sanji s’était attendu à être incapable d’agir librement, mais quand les marines commencèrent à l’attendre devant la salle de bain et dans le couloir, à moins de cinq pas du lit de Sanji, le blond commençait à se sentir claustrophobe.
Sanji était allongé dans son lit, prétendant dormir pendant qu’il écoutait les bavardages discrets de ses nouveaux chiens de garde. Il n’avait pas été capable de dormir correctement pendant ses semaines, et ça commençait à se voir à son humeur et à ses cernes.
Il ne voulait pas dormir ici, mais au niveau 5,5, avec Zoro ronflant comme un homme des cavernes. Ça lui avait fait du bien, de savoir qu’il y aurait quelqu’un à ses côtés à son réveil. Même si ça n’avait été que dans un sens, puisque Sanji était parti pendant que Zoro dormait.
Il était un cuistot, il devait se lever tôt. Il devrait probablement encore le faire quand ils sortiront d’ici. Sanji sentit une chaleur agréable gagner ses veines à cette pensée. Il se réveillerait aux côtés de Zoro, se sortirait du lit pour fumer une cigarette au soleil avant d’aller préparer le déjeuner.
Depuis combien de temps n’avait-il pas pu passer du temps au soleil ? Des mois ?
Il fumerait sur le pont en regardant le lever du soleil ; Zoro lui avait dit qu’il y avait de l’herbe dessus. Ça faisait des années que Sanji n’avait pas sentit de l’herbe sous ses pieds.
Il avait vécu presque toute sa vie sur un bateau, et le Baratie ne s’arrêtait jamais sur aucune île. Ils recevaient toutes leurs provisions à l’avance, et n’avaient donc pas besoin d’aller sur terre, sauf s’ils manquaient d’épices ou quelque chose comme ça.
Ah, et il y avait ces charmantes femmes dont Zoro lui avait parlé. Sanji avait commencé par être sceptique : peu de navires pirates avaient des femmes à leur bord pour une autre raison que le sexe. Sanji grimaçait à cette idée-c’était répugnant- mais apparemment elles étaient des membres à part entière de l’équipage, en tant que navigatrice et archéologue.
Sanji se retournait dans son lit, essayant d’imaginer Zoro sur le pont, discutant avec ces deux charmante femmes. Peut-être qu’elles s’intéressaient à lui ? Le sourcil en vrille de Sanji se fronça. Zoro avait parlé de Nami comme d’une grande sœur responsable, et Robin avait l’air trop raffinée et mature pour être intéressée par une brute simple d’esprit comme Zoro.
Et ça n’avait pas d’importance ; il savait que Zoro ne cesserait pas d’être sien quand ils sortiront, il ne laisserait jamais Zoro partir sans se battre. Même s’il aimait gâter les femmes, il ferait toujours passer le cactus idiot en premier.
Il savait que les occupants du Baratie seraient capable de s’en sortir face à toutes les menaces d’East Blue. Le vieux était capable de prendre soin de lui. Sanji devait croire en lui, tout comme Zoro croyait en ses camarades.
Dès qu’ils sortiraient, Sanji savait que Zoro saurait se débrouiller, tant qu’il ne devait pas lire de carte ou parcourir de longues distances.
Sanji poussa un petit grognement. Il voulait questionner Zoro au sujet de l’équipement de la cuisine du Sunny. Zoro avait mentionné que Robin était amatrice de café. La fatigué accumulée de Sanji gagna enfin sa tête, et il sombra enfin dans les bras de Morphée.
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Et voilà pour ce chapitre !
J'espère qu'il vous a plu, à la semaine prochaine ❤
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Impel Down
FanfictionSanji, cuisinier d'Impel Down, se retrouve malgré lui en charge de la torture de Roronoa Zoro! Tous deux se virent piégés, pendant que Zoro restait persuadé que Luffy viendrait le chercher. Sanji prendra-t-il le risque de trahir ses supérieurs et d...
