Chapitre 6

315 28 17
                                    

Cette journée de travail me paraît interminable. Je n'arrive pas à croire que je puisse passer 8h par jour, 5 jour par semaine à faire ce boulot merdique. Après avoir fait l'inventaire, passé un nombre interminable de commandes pour des clients plus exigeants les uns que les autres, je file me réfugier dans mon bureau un petit moment. J'ai mal à la tête et j'ai besoin d'un verre.

Alors que j'avale mon whisky, je regarde un peu les photos de cette famille qui est censée être la mienne.

Il y'a énormément de photos des enfants et je dois admettre que si il y'a bien une chose que Juvia et moi avons réussi, ce sont ces gamins. Ils sont incroyablement mignons. Je sais bien qu'ils ne sont pas réellement les miens mais dans un sens, ils le sont et je ne peux m'empêcher de ressentir une certaine fierté en les regardant.

J'observe plus attentivement les autres photos et, sur une étagère, j'en vois une, de Juvia et moi, assis à une table qui semble être celle d'un restaurant, Juvia est collée à moi, sa tête reposant sur mon épaule, son bras entrelacé avec le mien alors que je souris de toutes mes dents et je soupire en voyant ça.

Mais qu'est ce qui peut bien te faire sourire comme ça Gray?

Je me redresse et continue mon observation de ce qui se résume à ma vie. Je regarde les diplômes accrochés au mur un peu plus loin quand une plaque attire mon attention.

Gray fullbuster
Vendeur de l'année 2014

2014? J'étais encore à New York en 2014.

Qu'est-ce qui a bien pu se passer? Pourquoi ai-je reçu ce prix?

Tu n'es pas allé à New York.

Je suis déçu de mon autre moi. C'est évident maintenant! Je n'ai jamais pris cet avion ! J'ai renoncé et je suis resté ici avec Juvia, à vivre une vie passable, à travailler dans une putain de garage. A me contenter du minimum.

Je boue de l'intérieur.

Pourquoi? Pourquoi ai je décider de gâcher toute ma vie? C'est la seule question que je me pose et je n'ai toujours pas la réponse.

Mon fil de pensées est brusquement interrompu par une voix stridente dans l'interphone qui me fait sursauter.

- Gray! Tu es demandé aux rayons des pneus.

Je me dirige vers un gars qui porte une casquette et une veste à l'effigie du garage pour lui demander de me guider vers le rayon des pneus, il me regarde bizarrement mais me montre le chemin sans faire de commentaires. Je me surprend à vider mon sac sous son regard interrogateur. J'en viens finalement à lui parler de mes grandes compétences de vendeur. Je lui rappelle à quel point c'est important d'être un bon commercial si l'on veut pouvoir mener une fusion à bien. Je ne peux cacher mon desarroi quand je lui parle affaire, il n'a même pas l'air de comprendre de quoi je parle.

-Vous êtes sûr que ça va Gray? me demande t'il, d'un air inquiet.

-Oui, c'est juste que je suis un peu perdu en fait, lui réponds-je honnêtement. Je me demande ce que je fout ici.

-Euh.. je ne sais pas quoi dire, je.. j'ai seulement commencer la semaine dernière, me dit-il visiblement gêné par ma remarque. Euh.. voilà c'est ici.

Il m'indique le rayon d'un geste de la main avant de s'enfuir rapidement. J'ai sûrement dû lui faire peur, mais en même temps, s'il peut prendre conscience des choses rapidement avant de se retrouver dans ma situation dans quelques années alors je lui aurais sûrement rendu un fier service.

Notre FamilleWhere stories live. Discover now