Chapitre 20.

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          Il faut que je trouve un lien logique entre tous mes problèmes. Quand j'étais petite, et que j'avais l'impression que les problèmes s'accumulaient autour de moi, mon père me disait souvent "Maude, trouve le lien logique sur lequel s'enfile tout les problèmes, remonte au tout premier et règle-le". Mon père et ses rares conseils... Ça fait un bout de temps que je ne lui ai pas parlé. Je re-descends vite chercher le téléphone fixe pour aussitôt remonter dans ma chambre. Je compose le numéro et patiente.

-Yes ?

-Papa ? C'est Maude !

-Maude, bonjour ! Comment tu vas ?

-Bien merci et toi ?

-Bien. Et ta mère ?

-Eh bien, à vrai dire je n'ai pas de nouvelle.

-Quoi ? Depuis combien de temps ? Tu es où ?

-Tu le sais bien, je suis chez Maithild, en Irlande. Maman avait quelque chose à faire qui semblait très urgent. Et comme tu es toujours occupé...

-C'est pas croyable, personne ne me préviens quand tu changes de pays ?

-Papa ne t'inquiète pas ! De toute façon, où tu es toi ?

-Au Japon et pour quelques mois...

-Tu vois ? C'était la meilleure solution. J'aurais refusé net si tu m'avais proposé de te suivre au Japon. Tout de même, ce qui m'intrigue c'est que toi non plus tu n'as pas l'air d'être au courant d'où elle se trouve.

-Pourquoi tu ne demandes pas à ta grand-mère ? Elle doit bien savoir où se trouve Barbara.

Je me crispe, j'ai horreur qu'il l'appelle Barbara. Ça brise tout lien familial et je déteste ça. Je lui réponds froidement :

-Oui tu as raison, je n'y avais pas pensé.

-Bien ? Le lycée est bien là-bas ? Tu as besoin d'argent ?

Ça aussi je déteste. En posant cette question j'ai l'impression d'être une fille intéressée seulement par l'argent de son père.

-Non j'ai besoin de rien, merci. Je dois te laisser, bonne nuit.

-Ok, à la prochaine fois !

Je raccroche et m'affale sur le dos. Cette conversation ne m'a aidé en rien. Son travail a pris une telle place dans sa vie, que son comportement est réellement différent de celui quand j'étais plus petite. C'est navrant. Et ça me rend encore plus triste de penser cela au sujet de mon propre père. Les larmes me montent aux yeux. Non, concentre toi Maude, il faut que je trouve le lien de mes problèmes. 

Je vide mon sac, déchire la page vierge d'un de mes cahiers, attrape un stylo et réfléchis. Je dessine un grand cercle, avec au centre un point d'interrogation, censé être le cœur de mes problèmes. Autour j'écris tous mes problèmes : malaises répétitifs avec vision, Abigaelle (problème mineur), disparition maman, que cache Maithild et Jane, pourquoi la bibliothèque m'est-elle interdite, mes retards au lycée, Logan Quinlan et Declan O'Connor, ce vendredi de cours, le vélo que je me suis fait volé, pourquoi Maithild refuse de répondre à mes questions, pourquoi est-elle souvent absente, est ce que je dérange, la bague qui s'illumine... 

La bague qui s'illumine ? Je dis vraiment n'importe quoi quand je suis fatiguée. D'ailleurs une bague qui s'illumine, ça n'existe pas. J'ai cru voir cela après mes malaises et donc mon esprit était totalement confus. Tout ça est vraiment ridicule. Je lance le tas de feuille par terre, retire ma bague, m'enfile sous la couette et fais le vide dans mon esprit. J'ai le nez prit, les yeux désagréablement embués, mais la fatigue l'emporte et je m'endors.

STONEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant