Chapitre III

2 0 0
                                    

La première chose qui me frappa à mon réveil, ce fut que mon lit ne grinçait pas.

Je n'étais sans aucun doute plus à l'orphelinat. J'avais l'impression d'être allongé sur un nuage, couchée dans un immense lit à baldaquin aux tentures bleu ciel brodées d'or, avec de grands coussins bordés de dentelles pour repose-tête. Un lancinant mal de crane me prit d'asseau :

Où étais-je ? Qui m'avait amené ici et surtout pourquoi ?

Je me redressai, essayant tant bien que mal de rassembler mes esprits. Tout à coup, les souvenirs de la nuit me revinrent en mémoire. Les coups de feu. Les cris. Le sang. Je fus soudainement prise de nausée et retombai mollement sur le lit.

Une fois que les risques de vomir sur le magnifique tapis de la chambre furent nuls, je me relevai doucement. Je ne portais plus les vêtements tachés de sang de la veille. Ce n'était pas vraiment étonnant, étant donné qu'un cadavre m'était tombé dessus. Je me mis à rire ; un cadavre m'était littéralement tombé dessus. Et moi qui croyais que les films d'horreur n'étaient que de films, des histoires pour effrayés les gens qui les regardaient le soir d'Halloween. Tu parles.

A la place, j'étais vêtu d'un pyjama de brocard bleu nuit ; je me rassis sur le lit, hébétée. Que me voulait-on bon sang ! Si j'avais été enlevée, pourquoi m'aurait on amenée dans une chambre aussi luxueuse ? A la place, j'aurais plutôt pensé à une cave miteuse remplie de rats.

Je me frottai les bras, tentant de bannir les frissons qui parcouraient mon corps. Une fois que le froid eut disparu, je me levais avec précaution et me mis à observer la pièce dans laquelle je me trouvais ; celle-ci respirait le pouvoir et la richesse, un lieu qui ne me correspondait pas vraiment ; pour un peu on se serait cru dans un palace du XVIII siècle. Le lit étais collé contre le mur matelassé doré, à côté duquel se trouvait une table de chevet style Louis XV. La lumière de la pièce était assuré par deux majestueux luminaires ; je m'avançai vers la fenêtre dont je tirai les rideaux dun coup sec. Un balcon surplombait un magnifique parc, tout en cascade et fontaines. Ce décor avait tout d'un reve ; des jardiniers en uniforme blanc et doré taillaient et arrosaient des grands palmiers de toute sortes. J'aperçu quelques femmes nageant dans un immense lac qui rejoignait le ciel. Comment ai-je pu me retrouver ici ! Cela relevait de l'impossible Ou alors tu es morte et le paradis ressemble à...ça. Mouais. Pas crédible. Je me penchai ; le balcon était bien trop haut pour penser descendre par là sans se briser la nuque. Pourtant je ne pouvais pas rester ; je n'avais aucune envie de m'attarder dans ce lieu inconnu, bien qu'à première vue inoffensif. Je quittai donc avec un soupir la balustrade et repris mon inspection de la chambre. Une grande armoire en bois, des murs ornés de moulures Une porte communiquait avec un grand salon remplit de fleurs sentant divinement bon ; des fresques racontant les exploits de Poséidon recouvrait un des murs, et une table de billard couverte de poussière résidait au côté d'une magnifique bibliothèque remplie d'ouvrages inconnus. Une autre porte, fermée cette fois ci, communiquait certainement avec le couloir et le reste de la propriété. On me retenait donc prisonnière ici. Mais pourquoi ?

§§§§

- A quoi pensez-vous capitaine ? Vous avez l'air distrait.

-Je me disais que tu avais de la chance de m'avoir comme professeur d'escrime, Tom, répondis le capitaine tout en parent la fente de son adversaire.

-Dites-moi quelque chose que je ne sais pas et que je ne m'entends pas répéter à longueur de journée continua l'élève d'un ton rieur. C'est la fille que vous avait ramené hier qui vous cause tout ce tracas ?

-A vrai dire, tu me connais mieux que tu ne le prétend rétorqua t'il d'un air taquin.

Elle est différente; le régent prétend qu'il s'agit de la fille d'un duc proche du roi Adonis, puisse t'il reposer en paix, qui aurait disparu voila 12 ans.

Les Enfants Perdus d'ItlitWhere stories live. Discover now